Le
Massif armoricain est une chaîne ancienne située à l'ouest de l'
Europe, correspondant principalement à la
Bretagne, aux reliefs de la Mayenne et de l'
Orne. Il tire son nom de l'ancienne
Armorique, région gauloise sitée entre la
Loire et la
Seine. Né à l'
ère paléozoique (ancien terme: primaire) de l'orogenèse hercynienne, il n'a - à l'inverse du
Massif central - que peu profité du plissement alpin. Il a cependant été soulevé - conjointement avec les Cantabriques - lors de l'ouverture du
Golfe de Gascogne, dont il est - avec la cordillère cantabrique - l'épaulement.
Bien qu'il atteigne rarement l'altitude de 400 mètres (417 mètres au Mont des Avaloirs, Mayenne/Orne, 417m au Signal d'Ecouves Orne) il doit cependant être classé parmi les massifs montagneux, tant pour la nature de ses sols que pour ses paysages escarpés.
Géographie
Le Massif armoricain s'étend sur 65 000 km², en Bretagne,
Pays de la Loire et
Normandie occidentale.
Son relief en Bretagne propose deux lignes de crêtes :
Les rivières ont tracé de profondes vallées :
Aulne,
Odet,
Blavet,
Scorff,
Laïta,
Aven ...
Son relief en Mayenne :
Son relief en Sarthe :
- les Alpes mancelles forment la limite Est du Massif armoricain
- le Mont du Haut-Fourché, atteignant 217 m
Son relief en Normandie
Son relief en Vendée:
- les Hauteurs de Gâtine en Vendée avec 285 m au Puy Crapaud
Géologie
On peut distinguer deux régions en Armorique: le domaine
cadomien au nord et le domaine
Hercynien au sud (plus le pays Léon, qui appartient géologiquement au sud de la Bretagne).
Le domaine cadomien
Il s'agit des lambeaux de l'ancienne chaîne
Cadomienne, constituée de
plutons granitiques datant du
Protérozoïque (
Perros-Guirec, baie de
Saint-Brieuc, région de
Sartilly, Mayenne) accompagnés de sédiments pour la plus part issus de cette chaîne, donc détritiques, eux aussi
précambriens (sud du
Cotentin, ouest du Calvados, nord de la Mayenne, région de la
Rance), auxquelles se sont ajoutés des
sédiments paléozoiques, en continuité avec les dépôts antérieurs (centre de la
Bretagne, de
Douarnenez à
Angers en passant par
Rennes), ou sans continuité, et qui ont été légèrement plissés durant l'orogenèse hercynienne. L'ensemble a été injecté, au
Carbonifère, de
plutons granitiques hercyniens ( régions de
Bourbriac,
Ploeuc-sur-Lié et
Dinan), et découpé par une faille de la même époque, courant de la
Rade de Brest à la Sarthe.
Le domaine armoricain hercynien
Les terrains sud-armoricains sont en grande partie constitués de granites d'origine hercynienne, injectés le long d'une série de failles courant de la
Pointe du Raz à la
Loire, nommées zone broyée sud-armoricaine. Quelques zones sédimentaires cambriennes, ordoviciennes ou siluriennes (
Belle-Île-en-Mer, côte ouest de la Vendée, région au sud d'
Angers, La Grande Brière), plissés ou métamophisés pendant l'orogenèse hercynienne, forment les roches sédimentaires paléozoïques de la région.
Le socle du massif était primitivement composé de roches métamorphiques datant de deux milliards d'années. Il en reste quelques traces dans la région de Saint-Brieuc. Au Protérozoïque, la région est marquée par une activité volcanique et orogénique, l'orogénèse Cadomienne et une accumulation massive de sédiments (époque du Briovérien). Le glissement vers le nord de la plaque Aquitaine induit d'importants plissements.
La phase hercynienne, débutant il y a 330 millions d'années, est à l'origine des granites qui constituèrent l'ossature d'une montagne puissante. Les grès de l'Ordovicien et les schistes du Silurien glissent alors vers les synclinaux.
Après la mise en place des plissements de l'orogenèse hercynienne, l'érosion du massif s'est produite durant tout le Mésozoïque et s'est accélérée au Paléocène sous un climat subtropical qui a affecté les roches différemment selon leur dureté. Il en a résulté une pénéplaine rigide qui subit le contrecoup de la formation des Alpes et des Pyrénées, non par une élévation comme pour les régions plus proches de ces montagnes jeunes, mais par une déformation générant un escalier de failles.